Dimanche 26 mai 2019
Bach et Pollini : apollinien
Un Clavier bien trempé
 
Le même, pas pareil
Un clavier
bien rythmé
Glenn Gould
Le Clavier bien tempéré (Livre I)

Ce n’est pas du bout des doigts que Maurizio Pollini fait son entrée dans le monde de Bach. Avec lui, on a l’impression que ces 24 préludes et fugues (à quand le deuxième livre ?) ont été écrits pour un piano de concert moderne, tant sa sonorité ample met la musique en valeur. C’est un pari risqué : les pianistes se font discrets dans ce répertoire de peur de se faire taper sur les doigts pour manque de légitimité stylistique. Ce Clavier bien tempéré est d’une jeunesse, d’une fraîcheur et d’une hardiesse qui peuvent dérouter. Ce n’est pas une surprise de la part d’un artiste qui joue Beethoven et Chopin avec la même rigueur que Nono et Boulez. Mais où avez vous entendu un Bach aussi tranchant, aussi charpenté, aussi transparent, tout en restant d’une parfaite musicalité ? Certains préludes sont pris à des tempo d’enfer, certaines fugues au contraire s’étirent dans un chant infini. Pas un gramme de gras, pas de fausse pudeur non plus : chaque note est, à la manière de Pollini, aussi distincte que possible sans que jamais le flot soit rompu. Bach est notre contemporain, Maurizio Pollini nous le prouve.
Pablo Galonce

Le Clavier bien tempéré, livre I
Maurizio Pollini (piano)
2 CD Deutsche Grammophon
1 h 50

mis en ligne le dimanche 24 janvier 2010

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