Samedi 15 juin 2019
Bach en chantant
Cédric Pescia allie perfection formelle et humanisme
The Well-Tempered Clavier (complete)

Le Clavier bien tempéré, encore, mais au sens anglais du terme, tant ces quarante-huit préludes et fugues sont jouées comme autant de pièces autonomes, autant de madeleines de Proust, d’un pianiste, mais aussi claveciniste et clavicordiste qui a beaucoup de choses à dire. Avec son instrument tout d’abord, le plus cantabile des Steinway (pour les spécialistes : la série D des années 1970) pour lequel il a souhaité un accord au tempérament inégal : chaque tonalité a ainsi une saveur particulière. Et avec son jeu, ensuite, à la fois sobre et libre, un équilibre rarement entendu entre les mains et les lignes musicales, et au-delà des rythmes dansants qui parsèment évidemment ces préludes et fugues, la qualité du chant : Bach ne doit jamais cesser de chanter, dit Cédric Pescia, et il le fait chanter d’un chant intérieur qui vous prendra au premier prélude et vous abandonnera à la dernière fugue. Chaque pièce mériterait un commentaire tant l’interprétation du pianiste suisse est inspirée, sans prétention, tout simplement, mais signalons, toutefois, le fulgurant Prélude en ut mineur du premier Livre et sa basse aux frottements inconnus, le minimaliste du Prélude en si mineur de ce même premier Livre, dans lequel on sait gré à l’artiste d’abuser des reprises, ou encore, comme en miroir, la pureté cristalline (schumannienne ?) du Prélude en fa mineur du Livre lI... Bach allie perfection formelle et humanisme, pense Cédric Pescia, qui y parvient.
Albéric Lagier

Livres I & II du Clavier bien tempéré (BWV 846 à 893)
Cédric Pescia (piano)
4 CD La Dolce Volta
4 h 24 min

mis en ligne le jeudi 2 mai 2019

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