Lundi 14 octobre 2019
Avec le temps
Un Ernani de Verdi qui ne mérite pas sa légende
Ernani

A l’Opéra de Vienne en 1998, cet Ernani a fait figure d’événement : il y avait soixante-treize ans qu’on n’avait pas donné in loco cette adaptation du drame de Victor Hugo, le ténor Neil Shicoff a été nommé Kammersänger (en quelque sorte « Chanteur étoile ») et Seiji Ozawa a achevé de conquérir une maison dont il est devenu le directeur musical en 2002. Avec le recul, ce live bien connu des collectionneurs avoue surtout ses faiblesses. Le chef mène tambour battant - et avec un certain panache -, cette musique du jeune Verdi tentant de marier héroïsme et intimisme, bel canto et chant musclé, mais il n’a pas hésité à taillader la partition, et échoue à communiquer aux chanteurs un style dont il n’a pas lui-même un sens très sûr. Aucun problème avec Shicoff, dont on a souligné à l’époque le manque de puissance mais dont l’élégance et la musicalité tranchent sur la moyenne (et même le haut du panier) des ténors verdiens. En revanche le baryton Carlos Alvarez et la basse Roberto Scandiuzzi font comme d’habitude, c'est-à-dire du son, et la soprano Michèle Crider, donnée un temps comme l’héritière de Leontyne Price et de Martina Arroyo, n’a en commun avec ces dernières que ses origines afro-américaines.
François Lafon

Ernani
Neil Shicoff (Ernani), Michèle Crider (Elvira), Carlos Alvarez (Don Carlo), Roberto Scianduzzi (Don Ruy Gomez),
Choeur et Orchestre de l'Opéra d'Etat de Vienne
Direction musicale : Seiji Ozawa
2 C Orfeo
2 h 02 min

mis en ligne le dimanche 4 mai 2014

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