Lundi 14 octobre 2019
Au pas de charge
Emmanuel Krivine court avec la Neuvième
 
Le même, pas pareil
Beethoven en majesté
Karajan au sommet
Symphonie n° 9

Vous l'aimez comment la Neuvième de Beethoven ? Tagadaboumboum comme l'Hymne européen lorsqu'un chœur d'enfants s'époumonne dans l'Ode la Joie ? Soyeuse comme chez Karajan et son Philharmonique de Berlin en 1962 ? Magistralement majestueuse comme celle de Furtwängler en 1951 pour la réouverture du Festival de Bayreuth ? Débarassée de toute emphase par Karl Böhm et le Philharmonique de Vienne en 1980 ? Pour un chef, en tout cas, on n'approche pas ce monument sans avoir une petite idée derrière la tête. A l'inverse d'un Maximianno Cobra, qui prétend que personne n'a jamais compris Beethoven et qui le joue deux fois plus lentement que tout le monde, Emmanuel Krivine a choisi un tempo rapide pour donner de l'allant, du nerf, du cœur. Bonne idée. Mais à ce jeu-là, il finit, hélas, par se perdre en route, par transformer cette Neuvième en une étrange musique dont le lyrisme et la profondeur ont disparu : entre deux tutti, ça part un peu dans tous les sens et seul le rythme saccadé maintient l'unité de l'orchestre, tandis que les phrasés et les articulations s'en vont à vau l'eau. Quant au final, avec cette frénésie, il frôle parfois la rupture, alors que les solistes font ce qu'ils peuvent dans un quatuor excessivement délicat et que les chœurs assurent la stabilité avec une belle maîtrise.
Gérard Pangon

Symphonie n° 9
Sinéad Mulhern (soprano), Carolin Masur (mezzo-soprano), Dominik Wortig (ténor), Konstantin Wolff (baryton-basse)
La Chambre Philharmonique, Chœur de chambre les Eléments
Direction musicale : Emmanuel Krivine (Joël Suhubiette chef de chœur)
1 CD Naïve V 5002 (2009)
1 h 03 min

mis en ligne le jeudi 11 mars 2010

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