Lundi 1 juin 2020
Amanda voit rouge
Un doublé réussi de concertos pour violon du XXe par Amanda Favier
Amanda Favier : Stravinsky, Corigliano

Révélée par le duo qu’elle constitua avec le pianiste Cédric Tiberghien (Lyrinx), la violoniste Amanda Favier revient au devant de la scène avec un remarquable doublé de concertos du XXe siècle, épaulée par le chef d’orchestre Adrien Perruchon. De facture néoclassique, le si populaire Concerto de Stravinsky (1931), où le compositeur, encore dans le souvenir de son espiègle Histoire du Soldat dessine les contours d’un style usant volontiers du pastiche qui aboutira au mozartien Rake’s Progress, devient avec la soliste une partition incandescente, d’entrée de jeu avec un premier mouvement « Toccata » d’une noblesse majestueuse, suivi d’une « Aria I » idéalement chahutée, tandis que la seconde « Aria » atteint une grâce que parachève la joie débridée du « Capriccio » final. Trouvant, à juste titre, un écho à la partition de Stravinsky dans la richesse de l’orchestration de The Red Violin, signé par John Corigliano pour le film de François Girard, en 1998, Amanda Favier en offre l’interprétation la plus aboutie, même si cette version aménagée pour le concert cinq ans plus tard gagnerait à être plus resserrée. Rien que pour les quelque seize minutes du premier mouvement : il faut découvrir les alliages subtils de timbres composites auxquels parviennent la soliste et la formation liégeoise pour en exprimer toute la gravité enivrante. 
Franck Mallet

Stravinsky : Concerto pour violon - Corigliano : The Red Violin
Amanda Favier (violon)
Orchestre philharmonique royal de Liège
Direction musicale : Adrien Perruchon
1 CD NoMadMusic NMM 073 (dist. PIAS)
59 min

mis en ligne le mardi 12 mai 2020

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