Vendredi 22 novembre 2019
Affects masqués
Heinz Holliger reste à la surface des Symphonies de Schubert
Symphonies n° 1 et 5 - Ouverture Fierrabras

Tandis que René Jacobs (voir ici) et Edward Gardner (voir ) se lancent simultanément dans l’intégrale des Symphonies de Schubert, le chef et hautboïste Heinz Holliger fête ses quatre-vingt ans en poursuivant la sienne. Dans la lignée de « La Grande » (2018), les 1ère et 5ème se déroulent dans une optique chambriste favorisée par l’Orchestre de Chambre de Bâle, marqué jadis par le travail de Paul Sacher sur le classique et le contemporain. De la belle ouvrage quant aux phrasés, très naturels, et aux alliages de timbres, d’un raffinement exemplaire. Revers de la médaille et écueil principal de ces œuvres dont les affects sont facilement masqués par l’amabilité de façade : on a souvent l’impression que le chef « laisse filer » ces mélodies si plaisantes, ces harmonies si évidentes. Dans la 1ère Symphonie, Jacobs ouvre un jeu dialectique plus intriguant avec le modèle mozartien, comme Thomas Beecham – référence ancienne mais toujours d’actualité – montre une 5ème plus mélancolique qu’elle en a l’air. L’ensemble est plaisant mais reste à la surface de cette musique dont, cela dit, des chefs de la trempe de Claudio Abbado - trop lisse - et Nikolaus Harnoncourt - trop démonstratif - ont eux aussi eu du mal à trouver le juste équilibre. Impeccable ouverture de l’opéra Fierrabras (chaque volume aura un tel bonus) en guise de prélude.
François Lafon

Ouverture de l'opéra Fierrabras - Symphonies n° 1 D. 82 et n° 5 D. 485
Kammerorchester Basel
Direction musicale : Heinz Holliger
1 CD Sony 19075814402
1 h 05 min

mis en ligne le mercredi 14 août 2019

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