Vendredi 18 octobre 2019
Addio del passato...
Reprise décevante d’une Traviata de grande mémoire
La Traviata

Traditionnelle en apparence, cette Traviata montée par les époux Hermann, filmée à Parme en 2007, vingt ans après sa création à la Monnaie de Bruxelles et éditée à l’occasion du bicentenaire Verdi. Elle est pourtant la « mère » des Traviata plus radicales que l’on a vues depuis, à commencer par celle, à Bruxelles encore, signée Andrea Breth. On y voit, dans des salons cossus, des messieurs mûrs payer pour lutiner de très jeunes filles. Plus rien à voir avec le demi-monde élégant et somme toute très vivable dans lequel évoluait jusque-là la Dame aux camélias. L’ennui, c’est que la production a vieilli, s’est même un peu décalé (les metteurs en scène sont-ils venus eux-mêmes resserrer les boulons ?) et que les chanteurs, par ailleurs platement filmés, exécutent plus qu’ils ne vivent le ballet de violence et de domination qui rendait si impressionnant le spectacle initial. La musique ne compense rien : Yuri Temirkanov, illustre directeur du Philharmonique de Saint-Pétersbourg, mène Verdi à la cravache, Svetla Vassileva savonne ses vocalises, Massimo Giordano confond Alfredo avec Paillasse et Vladimir Stoyanov, le Père Germont avec Scarpia. Le revival de ce spectacle célèbre aurait mérité plus d’attentions.
François Lafon

La Traviata
Svetla Vassileva (Violetta), Massimo Giordano (Alfredo), Vladimir Stoyanov (Germont), Antonella Trevisan (Annina), Daniela Pini (Flora), Roberto Tagliavini (Docteur Grenvil)
Choeur et Orchestre du Teatro Regio de Parme
Direction musicale : Yuri Temirkanov
Mise en scène : Karl-Ernst et Ursel Herrmann
Réalisation : Tiziano Mancini
1 DVD Unitel Classica 723608
2 h 24 min

mis en ligne le mardi 2 juillet 2013

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