Mercredi 23 octobre 2019
A vif
Jakob Lenz de Wolfgang Rihm, inquiétantes expériences
Jakob Lenz

Jakob Lenz, figure du Sturm und drang tombée dans la démence, célébré par Georg Büchner - l’auteur de Woyzeck, - dans un texte halluciné et devenu héros d’opéra sous la plume du jeune Wolfgang Rihm : le résultat ne pouvait être qu’explosif. Maintes fois monté depuis sa création à Hambourg en 1980, l’ouvrage est désormais un classique de l’opéra contemporain : on l’a vu récemment à Paris (Athénée – voir ici), on va le revoir au festival d’Aix-en-Provence dans cette mise en scène spectaculaire d’Andrea Breth créée à Stuttgart en 2014, reprise à Berlin et à Bruxelles (La Monnaie), où elle a été filmée. Contrairement au vidéaste Nieto (Athénée), qui nous faisait entrer dans le cerveau malade de Lenz et centrait l’action sur ce dernier, Breth crée un univers labyrinthique et suintant, à la fois médical et carcéral, où le docteur Oberlin, qui a recueilli le poète, et le non moins ambigu philanthrope Kaufmann se livrent à d’inquiétantes expériences. Un traitement (si l’on peut dire) qui s’accorde bien à la musique, violente, dérangeante, sans répit une heure et quart durant, dirigée au scalpel par le spécialiste Franck Ollu. Bravo aux trois chanteurs-acteurs, particulièrement désinhibés, le baryton Georg Nigl (Lenz) tenant la palme, capable de prouesses vocales (un incroyable falsetto) autant que physiques. 
François Lafon

Jakob Lenz
Georg Nigl (Lenz), Henry Waddington (Oberlin), John Graham-Hall (Kaufmann)
Ensemble vocal et Orchestre Symphonique du Théâtre de La Monnaie
Direction musicale : Franck Ollu
Mise en scène : Andrea Breth
Réalisation : Myriam Hoyer
1 DVD Alpha 717
1 h 13 min

mis en ligne le dimanche 7 juillet 2019

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