Lundi 20 mai 2024
A travers le miroir
Philippe Bianconi revient sur les mystères ravéliens
L'Oeuvre pour piano

Tous les artistes qui reviennent sur une œuvre vous diront qu’ils l’ont approfondie, qu’ils en ont vu la face sombre. A l’écoute, ce n’est pas toujours évident. Avec Philippe Bianconi, ça l’est, et dans le cas de Ravel, c’est un exploit. Dans son premier enregistrement, chez Lyrinx, de l'intégrale du piano ravélien, il s’affirmait comme un pianiste français de grande classe : élégance, raffinement, musicalité. Mais en quoi français ? En ce qu’il cultivait le mystère ravélien sans briser la glace, sans doute. Aujourd’hui, il fait mieux que briser la glace : il explore les zones d’ombre tout en conservant l’élégance, etc. Cela donne un Gaspard de la nuit de tous les fantasmes, mais aussi des Miroirs où l’on perd la notion de l’envers et de l’endroit, un Tombeau de Couperin émergeant de la nuit des temps, une Mère l’Oye évoquant Lewis Carroll, qu’il joue (version quatre mains) avec le jeune Clément Lefebvre, un pianiste qui comme lui sait manier l'ambiguité. Et tout cela, sans jamais nous faire oublier que chez Ravel, le mot profondeur n’a pas le même sens qu’ailleurs. 
François Lafon

Miroirs - Menuet antique - Pavane pour une infante défunte - Sonatine - Valses nobles et sentimentales - Gaspard de la nuit - Le Tombeau de Couperin - Ma Mère l'Oye - Pièces variées
Philippe Bianconi (piano Steinway)
2 CD La Dolce Volta LDV109.0
2 h 24 min

mis en ligne le mardi 3 octobre 2023

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