Lundi 14 octobre 2019
Un Requiem sans éclat
Une prise de son et des solistes distants gâchent la fête Verdi
 
Le même, pas pareil
Un Requiem prodigieux
Berlin, Mirella Freni et Herbert von Karajan
Requiem

On peut tout essayer avec le Requiem de Verdi : le tirer vers son côté opéra ou mettre en valeur les passages les plus aériens, faire la part la plus belle aux chœurs ou bien au quatuor de solistes, se laisser porter par une dramaturgie que Verdi manipule à merveille ou accentuer le côté boum-boum comme le fait Guillaume Gallienne dans son film Les Garçons et Guillaume, à table ! où le Dies irae rhabillé techno accompagne le ballet sans équivoque des dragueurs d’une boîte gay. Philippe Jordan n’en fait ni trop ni trop peu, dans ce juste équilibre qui caractérise sa direction à l’Opéra de Paris. Seulement il est trahi par ses comparses, pas le chœur ni l’orchestre, impeccables l’un et l’autre, mais les preneurs de son qui les aplatissent, les relèguent en arrière-plan alors que durant le concert ils étaient en majesté (voir ici). Et puis les solistes ne donnent pas ici l’impression de tous ressentir le même élan. On ne leur demande pas d’avoir la conviction religieuse que Verdi lui-même n’avait pas, mais une conviction musicale. Or elle ne semble pas toujours très affirmée, comme si le poids de ce chef d’œuvre les paralysait. Piotr Beczala, la coqueluche du moment, a même l’air emprunté, et Kristin Lewis achève le sublime Libera me de manière presque anodine…
Gérard Pangon

Messa da Requiem
Kristin Lewis (soprano), Violeta Urmana (mezzo-soprano), Piotr Beczala (ténor), Ildar Abdrazakov (basse)
Orchestre et chœur de l’Opéra de Paris
Direction musicale : Philippe Jordan
1 CD Erato 9341402
1 h 17 min

mis en ligne le mercredi 11 décembre 2013

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