Mardi 18 septembre 2018
Tristesse du monde
Richard Egarr laisse perler la mélancolie de William Byrd
One Byrde in Hande

Au temps de William Byrd, l’orthographe était parfois fluctuante, le compositeur lui-même écrivait son nom Birde, Bird ou Byrde, d’où le titre de cet album One Byrde in Hande, jeu de mots inspiré d’un proverbe anglais du XVIème siècle qui fait référence à la fauconnerie : A Bird in the Hand is worth two in the Bush, littéralement Un oiseau dans la main en vaut deux dans la forêt, équivalent français de Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras. Tenons donc fermement ce Bird niché dans les mains du claveciniste Richard Egarr qui interprète ici des pièces écrites dans la dernière partie de sa vie, alors qu’il se consacrait surtout au virginal, l’ancêtre du clavecin, par celui que ses pairs nommait par le « Father of Musick ». Sans doute est-il moins original dans ce répertoire que dans la musique sacrée, mais son talent pour le contrepoint ressort de ces petites pièces marquées par la mélancolie caractéristique de la musique anglaise de cette époque. L’une des airs porte d’ailleurs un titre révélateur Lachrymae Pavan, et son style reflète celui de ces petites pièces, préludes, pavanes ou fantaisies où les notes perlent à partir d’un accord, comme autant de petites gouttes qui disent la tristesse du monde.
Gérard Pangon

Préludes, danses et fantaisies
Richard Egarr (clavecin)
1 CD Linnrecords  CKD 518
1 h 03 min

mis en ligne le jeudi 16 août 2018

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