Lundi 6 avril 2020
Mystère et Beethoven
Deux trios en forme de gâteaux pour l'anniversaire LvB
Trio Chausson - Beethoven

Après les trois trios opus 1 de 1795 et l’étape intermédiaire de l’opus 11 (1798), avec clarinette plutôt que violon, Beethoven ne revient au trio avec piano qu’en 1808, avec les deux de l’opus 70. Ils sont entrepris alors que se termine le travail sur la Symphonie  Pastorale et paraissent avec une dédicace à la comtesse Erdödy : elle a réussi à retenir à Vienne un Beethoven semblant prêt à accepter une offre de Jérôme Bonaparte, roi de Westphalie. Le premier des deux, dit trio des Esprits, n’a que trois mouvements, très contrastés : Allegro vivace e con brio démarrant sans crier gare, Largo assai ed espressivo d’où l’œuvre tire son surnom, Presto plein d’allant. Ce trio et le vaste « l’Archiduc » (opus 97 de 1811), en quatre mouvements, sont les plus célèbres des sept de Beethoven (compte non tenu de pages plus modestes ou relevant d’autres genres comme  la variation). Le programme de ce CD est donc dans l’ordre des choses, mais les deux de l’opus 70 avec un complément (les variations Kakadu opus 121a) auraient peut-être davantage attiré l’attention. Cela dit, c’est surtout dans l’Archiduc que le Trio Chausson s’impose : humour, précision et justesse de ton dans le Scherzo en cinq parties, belle solennité dans l’Andante cantabile, et fin de mouvement détachée de toute contingence, thème de l’Allegro moderato final bien articulé. L’interprétation de l’opus 70 n°1 est de qualité, mais moins personnelle. Dans le mouvement central, les sonorités sont nettement mises en valeur, au détriment sans doute du mystère.
Marc Vignal

Trios opus 70 n°1 « Les Esprits » et opus 97 « L’Archiduc »
Trio Chausson
1 CD Mirare MIR 500
1 h 04 min

mis en ligne le vendredi 13 mars 2020

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