Mercredi 20 novembre 2019
Montagne russe
Entre rigidité et pyrotechnie, le vertige Prokofiev selon Florian Noack
 
Le même, pas pareil
L'équilibre
des forces
Prokofiev / Florian Noack

Six ans après un album entièrement consacré à Liapounov (voir ici) Florian Noack revient en terre russe avec le Prokofiev si versatile des Visions fugitives des années 20, combiné à celui, hardi et radical, de la 6ème sonate, premier volet d’une triade « des années de guerre ». Que l’on ne cherche pas dans ces Visions fugitives un art de la suggestion, comme pourrait le laisser croire le titre, mais bien plutôt un catalogue d’expressions variées. Vingt pièces brèves, dont il faut, au-delà d’une savoureuse pyrotechnie, apprécier les mélodies subtiles – que l’interprète, par excès de rigidité, ne parvient pas toujours à restituer. En revanche, il paraît plus à l’aise dans l’élégie feutrée des Contes de la vieille grand’mère, de la même époque. Partition majeure de l’album, la Sonate n° 6 retrouve sous ses doigts la charge vertigineuse voulue par le compositeur, distribuée dans un piano halluciné (I), théâtral (II), abattu (III) et grimaçant (IV) – que renforce une main gauche autoritaire.          
Franck Mallet

Prokofiev : Contes de la vieille grand-mère, op. 31 ; Quatre Études pour piano, op. 2 ; Visions fugitives, op. 22 ; Sonate n° 6, en la majeur op. 82
Florian Noack (piano)
1 CD La Dolce Volta LDV 74 (dist. PIAS)
1 h 12 min

mis en ligne le jeudi 10 octobre 2019

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