Mardi 19 mars 2019
Le tandem viennois parfait
La classe hors-pair de Friedrich Gulda… et Karl Böhm
Tribute to Friedrich Gulda

Excentrique, Gulda ? On l’a vu jouer couvert seulement de sa casquette, préférer les improvisations aux récitals tout balisés et, comme compositeur, se risquer dans le territoire du jazz plutôt que de se laisser tenter par l’avant-garde. Si on ne connaît que ces incartades (à l’égard d’un parcours « classique ») typiques de la deuxième moitié de sa carrière, difficile de croire qu’il est le soliste de ce Concerto n° 9 de Mozart, capté sur le vif avec l’Orchestre de la Radio de Bavière. En parfaite entente avec Karl Böhm, il incarne la meilleure tradition viennoise, où l’élégance le dispute à la virtuosité. Difficile aussi de trouver un interprète à la fois aussi fougueux et aussi subtil pour le Konzertstück de Weber : si le chef n’a pas autant de lustre que Böhm, et si l’accompagnement n’est pas aussi soigné, Gulda, toujours aussi souverain, ne se laisse par troubler. Son tandem avec Böhm est à nouveau formé pour le Burleske de Strauss : de cette page qui tombe facilement dans la pure démonstration, ils font un véritable chef d’oeuvre et un modèle de dialogue musical. Aucune de ces interprétations historiques n’était vraiment inédite, mais le soin apporté à la restauration des prises de son de la radio justifie pleinement cette édition. 

Pablo Galonce


Mozart : Concerto pour piano n° 9 K 271 - Weber : Konzertstück op. 79 - Strauss : Burleske
Friedrich Gulda (piano)
Sinfonieorchester des Bayerischen Rundfunks (Mozart), Wiener Philharmoniker (Weber, Strauss)
Direction musicale : Karl Böhm (Mozart, Strauss), Volkmar Andreae (Weber)
1 SACD Praga PRD/DSD 350 102
1 h 06 min

mis en ligne le mercredi 22 octobre 2014

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