Mardi 19 juin 2018
Jusqu’à l’hallucination
Avec Ludmila Berlinskaya, des Réminiscences pas de tout repos
Reminiscenza

Une figure romanesque que Ludmila Berlinskaya, fille du violoncelliste du Quatuor Borodine, actrice de cinéma à treize ans, longtemps membre du premier cercle (très fermé) de Sviatoslav Richter, formant depuis 2011 avec son époux français Arthur Ancelle un étonnant duo maître-élève. C’est ce destin qu’elle évoque dans ces « Réminiscences » en solo enregistrées à Moscou et au programme en effet richtérien : l’op. 109 de Beethoven (« au bord de la désagrégation de la forme sonate classique »), la Sonate-Réminiscence de Medtner (« ce compositeur tellement russe aux racines allemandes »), les Kreisleriana de Schumann (« l’œuvre change et vit avec moi ») et les Valses nobles et sentimentales de Ravel (« si françaises, fuyantes et sérieuses à la fois »). Son jeu est à l’avenant : contrasté, nostalgique, engagé jusqu’à l’hallucination. Schumann s’en accommode plus naturellement que Ravel, Medtner en ressort métamorphosé (elle l’a beaucoup travaillé avec Richter) et le dernier Beethoven plus déroutant et mystérieux que nature. En ces temps de bien-pensance (y compris musicale), une réminiscence plus que bienvenue des grands interprètes visionnaires. 
François Lafon

Beethoven : Sonate n° 30, op. 109 – Medtner : Sonate-Réminiscence du cycle Mélodies oubliées – Schumann : Kreisleriana – Ravel : Valse nobles et sentimentales
Ludmila Berlinskaya (piano)
1 CD Melodiya MEL CD 10 02526
1 h 19 min

mis en ligne le vendredi 2 mars 2018

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