Jeudi 29 octobre 2020
Galant comme du Watteau
Une star du XVIIIème exhumée par le Duo Spirituoso
La mandoline baroque

Dans la deuxième partie du XVIIIème siècle, la mandoline est napolitaine. C’est l’instrument des sérénades, à l’humeur gaie et humoristique, selon les mots justes du musicologue anglais, Burney. Mozart, Vivaldi, Paisiello lui ont fourni des pages restées célèbres. En France, elle avait un succès tel qu’affluèrent les compositeurs et interprètes de la Botte aujourd’hui oubliés - Barbella, Cecere, Maio, Giuliano ou Gervasio. Nos bourgeois et aristocrates raffolaient de cet instrument à quatre ou six cordes autant pour l’écouter que pour le pratiquer. Et il y a du travail, car le genre sérénade demande de la virtuosité, jusqu’à parfois jouer deux notes différentes sur la même double corde. Michel Corette, au service du Prince de Conti et du Duc d’Angoulème, auteur d’une des nombreuses méthodes pour ces amateurs petits ou grands l’introduit ainsi dans les salons parisiens, tandis que Pietro (Pierre) Denis a une clientèle plus bourgeoise. …. Virtuose, Florentino Calvo l’est assurément, mais pas seulement. Il a de l’esprit. Et sa comparse au clavecin, Maria Lucia Barros, ne fait pas qu’accompagner. Elle le complète avec malice sur un bel instrument aux aigus légers et aux basses veloutées. C’est galant, plein d’une verve évocatrice, pas très baroque, plutôt rococo, entre Watteau et Boucher.
Albéric Lagier

Sonates pour mandoline de Michel Corrette, Carlo Cecere, Gabriele Leone, Tomaso Prota, Giovanni Battista Gervasio, Pietro Denis, Francesco Maio
Fiorentino Calvo (mandoline), Maria Lucia Barros (clavecin)
1 CD Pierre Verany
1 h 03 min

mis en ligne le dimanche 14 octobre 2012

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