Mardi 15 octobre 2019
Equilibre trompeur
Dans Bach et Beethoven, Audrey Vigoureux a les défauts de ses qualités
Quasi una Fantasia

Dans un texte de présentation mâchant le travail du critique, on apprend que « le jeu d’Audrey Vigoureux réunit (…) le feu d’un engagement passionné et la clarté cristalline d’une pensée forte ». Un bon bagage pour jouer la Sonate op. 27 de Beethoven « Quasi una Fantasia », laquelle comme son nom l’indique est « comme » une fantaisie sans en être une, c'est-à-dire qu’elle allie la plus grande liberté de ton à une haute organisation structurelle. Même alchimie pour l’op. 110, avant dernière Sonate du corpus et transfiguration du génie créateur. Autre compositeur à être habité par le « feu de la fantaisie et cristal de la figure » : Bach, dont Audrey Vigoureux intercale deux Fantaisie et fugue (BWV 9004 et 9006) pour rendre à Beethoven-César ce qui lui appartient. Cette élève de Jacques Rouvier au Conservatoire National Supérieur de Paris possède effectivement le don d’équilibrer les mains et les neurones, le feu et l’eau, la réflexion et l’impulsivité. Mais elle a les défauts de ses qualités : à force de cultiver le compromis, son jeu irréprochable glisse vers la monotonie. Cela est fatal dans Bach, moins dans Beethoven dont elle structure le discours avec une maturité déjà affirmée.
François Lafon

Beethoven : Sonates n° 13 op. 27 n°1 Quasi una fantasia et n° 31 op. 110 - Bach : Fantaisie et fugue en la mineur BWV 904 ; Fantaisie et fugue en do mineur BWV 906
Audrey Vigoureux (piano)
1 CD Evidence EVCD010
45 min

mis en ligne le jeudi 16 juillet 2015

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