Vendredi 30 octobre 2020
Cas d’école
Bataille beethovénienne de soliste et de chef
Piano Concertos 1 & 4

Un pianiste passionné de musique de chambre, un orchestre phare de la grande tradition allemande, un chef venu du baroque et pratiquant l’« historiquement informé » : bon alliage a priori pour ne pas manquer l’évolution stylistique qui parcourt les cinq Concertos de Beethoven. Déroutant pourtant ce deuxième volume, confrontant les promesses du 1er et l’aboutissement du 4ème, comme le premier réunissait le 2ème et l’ultime « Empereur », car il ne s’agit pas d’une « baroquisation générale », défaut inverse de la « romantisation » si souvent constatée de l’ensemble. Dans le 1er - deuxième composé mais exemplaire de l’attaque par la sève beethovénienne du cadre classique haydno-mozartien - Helmchen ne serait pas loin de trouver l’équilibre idéal si l’orchestre ne cessait de le contredire, pour ne pas dire le corriger, donnant des coups de hachoir dans les phrasés, transformant le bondissant Rondo final en course d’obstacles. Le sublime 4ème souffre moins, particulièrement dans l’Andante où soliste et orchestre évoluent dans deux mondes différents, mais où l’on s’étonne plus encore qu’ailleurs de la raideur d’Andrew Manze, si fin violoniste devenu chef polyvalent.  
Francois Lafon

Concertos n° 1 et 4 pour piano et orchestre
Martin Helmchen (piano)
Deutsches Symphonie-Orchester Berlin
Direction musicale : Andrew Manze
1 CD Alpha-Classics Alpha 575
1 h 10 min

mis en ligne le dimanche 26 avril 2020

Bookmark and Share
Contact et mentions légales.
Si vous souhaitez être informé des nouveautés de Musikzen laissez votre adresse mail
De A comme Albéniz à Z comme Zimerman,
deux ou trois choses et quelques CD pour connaître.