Jeudi 22 octobre 2020
Bach charnu
Sonates rondes et pleines par S.-M. Degand et V. Cochard
 
Le même, pas pareil
Bach céleste
Isabelle Faust et Krystian Bezuidenhout
Complete sonatas for obbligato harpsichord and violin

Carl Philip Emanuel Bach a eu beau les classer « parmi les meilleures œuvres de son cher père », les Sonates pour violon et clavecin de Jean Sébastien ne sont pas des plus fréquentées. Certes, quelques grands anciens en ont donné des versions mémorables – et parfois surprenantes – Glenn Gould et Yehudi Menuhin ou David Oïstrakh et Hans Pischner, pour n’en citer que quelques uns, mais leur côté romance est délicieusement désuet pour des oreilles d’aujourd’hui. Depuis quelques décennies, ces sonates font partie de l’existence même de Violaine Cochard et Stéphane-Marie Degand, qui les jouent régulièrement en concert et se décident maintenant à les graver. Si leur interprétation est placée sous le sceau d’une baroquisation douce, elle frappe surtout par son côté italianisant, comme si elles voulaient sortir Bach des brumes luthériennes de l’Allemagne du nord : Violaine Cochard et Stéphane-Marie Degand avalent goulûment leur Bach, rendent ces sonates charnues, les nimbent de quelques éclairs de soleil. Quelques, seulement, malheureusement, car même s’il s’agit d’un enregistrement de studio, l’interprétation, ne fait pas preuve d’équanimité. Des mouvements lumineux comme la célèbre Sicilienne de la BWV 1017 voisinent avec des passages assez communs (par exemple le final de la BWV 1015) où le violon semble miauler pour rattraper un clavecin en arrière-plan mais impeccablement tenu.
Gérard Pangon 

Sonates pour violon et clavecin obligé BWV 1014-1019
Stéphane-Marie Degand (violon), Violaine Cochard (clavecin)

mis en ligne le dimanche 19 juillet 2020

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