Mercredi 23 octobre 2019
Visionnaire
Heinrich Schütz inhabituel en ses motets
Heinrich Schütz - Cantiones sacrae

En composant ces quarante courts motets pour quatuor vocal a cappella, auxquels l’éditeur a fait ajouter une basse continue contre le gré du compositeur, Heinrich Schütz fit œuvre à part parmi ses opus : le compositeur pré-baroque se fait ici brillant continuateur de la tradition polyphonique, sans chercher à la moderniser. Moins annonciateur de Bach qu’héritier de Palestrina ou de Gesualdo, prenant pour base des textes latins (Livre des Psaumes, Cantique des Cantiques, textes latins de Bernard de Clairvaux…), Schütz conçut ces Cantiones sacrae pour aider à la méditation et à la prière – en cette sombre période de la guerre de Trente ans, l’intention était louable. Et il y parvient. Le quatuor vocal (ici un sextuor sur lequel plane la voix envoûtante d’Amy Haworth, soprano) imprime à ces motets une lumineuse sérénité, et l’orgue semble gagner, pour renforcer encore cet effet, à être en compagnie de deux luths et de deux violons formant ensemble une basse continue discrète mais expressive – peut-être Schütz ne l’aurait-elle pas considérée vaine et maladroite. Philip Cave, qui dirige le superbe Magnificat Consort, prend des libertés mais donne ainsi  une interprétation visionnaire de ces pièces intimes et liturgiques. 
Albéric Lagier 

Heinrich Schütz : Cantiones sacrae opus 4 (1625)
Amy Hayworth (soprano), Caroline Trevor (alto), Guy Cutting et Benedict Hymas (ténors), Will Dawes et Giles Underwwod (basses)
Ensemble Magnificat
Direction musicale : Philip Cave
2 CD Linn CKD 607
2 h 08 min

mis en ligne le lundi 29 juillet 2019

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