Mardi 19 novembre 2019
Une musique à la Viollet-le-Duc
Une Passion du Christ en forme de monument
La Passion selon Saint-Jean

Construite aux alentours de 1120, l’actuelle cathédrale d’Angoulême a subi les Guerres de Religion avant d’être restaurée pour la dernière fois au milieu du XIXème siècle par Paul Abadie, futur architecte du Sacré Cœur de Montmartre. Elle comporte ainsi de splendides parties romanes et des éléments à la Viollet-le-Duc. A l’écoute de cette Passion selon Saint-Jean, écrite par Frédéric Ledroit, il est clair que ce titulaire des orgues de la cathédrale d’Angoulême, est moins attiré par les puretés romanes que par les ornements « moyenâgeux ». La longue introduction orchestrale ressemble à une musique de film, avec passages faussement tranquilles et climax préfigurateurs d’un cataclysme. Dans un tel contexte, que les chanteurs soient adeptes du vibrato paraît naturel, mais ce qui l’est moins, c’est l'adéquation parfois floue entre texte et musique. Alors que certaines parties du récit jouent sur la longueur et la monotonie, comment comprendre les modulations vers les aigus sur des phrases plutôt anodines ? Pourquoi un style déclamatoire lors des moments les plus essentiels ? Quant à la fin du texte de Saint Jean, allusion très claire à la Résurrection, elle est remplacée ici par un Gloire à Dieu. Etonnant achèvement d’une Passion qui se veut moins priante et méditative que monumentale.
Gérard Pangon

La Passion selon Saint-Jean
Cristina Obregon (soprano), Gaelle Malada (mezzo-soprano), Clara Pertuy (contralto), Alessandro Rinella (ténor), Bernard Causse (baryton)
Chamber Choir of Europe, Deutsche Staatsphilharmonie Rheinland-Pfalz
Direction musicale : Robert Reimer
1 CD Skarbo DSK2194
1 h 17 min

mis en ligne le mardi 24 septembre 2019

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