Lundi 21 septembre 2020
Un sentiment de frustration
Osmo  Vänskä poursuit sa (trop ?) sage intégrale Mahler
Symphonie n° 7

Au sein de l’impressionnante dynastie des chefs finlandais, d’Esa-Pekka Salonen à Mikko Franck et aux benjamins Mathias Santtu Rouvali et Klaus Mäkelä (nouveau directeur de l’Orchestre de Paris), Osmo Vänskä est un peu en retrait, apprécié pour ses intégrales Sibelius et Beethoven avec le plus que centenaire (1903) Orchestre du Minnesota (ex-de Minneapolis) dont il est le directeur musical depuis 2002. Son intégrale en cours des Symphonies de Mahler est plus discutée : loin des « subjectifs » (Leonard Bernstein, Klaus Tennstedt), il mise sur l’analyse des textes et l’équilibre du discours, au risque de priver l’auditeur du grand frisson. Avec la 7ème Symphonie, la moins aimée des neuf parce que la plus abstraite, il devrait être dans son élément. S’appuyant sur la précision et la richesse sonore de son orchestre, il en met en valeur les aspects prémonitoires salués par Schönberg, mais c’est au détriment de la sensualité et de la tension interne de ce « Chant de la Nuit » (sous-titre de l’œuvre) débouchant, après quatre mouvements nocturnes (dont deux… Nocturnes) sur un Rondo-Finale iconoclaste et débridé. Au moins, dans ce mouvement test pour un chef, échappe-t-il au piège du premier degré, au risque cependant de quitter l’auditeur sur un léger sentiment de frustration. 
François Lafon

Symphonie n° 7 "Chant de la Nuit"
Minnesota Orchestra
Direction musicale : Osmo Vänskä
1 CD Bis 2386 (Outhere)
1 h 18 min

mis en ligne le mercredi 24 juin 2020

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