Mercredi 23 janvier 2019
Un Schumann à deux faces
Les petites pièces explosent, le Concerto implose
Sol Gabetta – Schumann

Peu de temps avant de mourir, Clara Schumann détruisit les partitions de cinq Romances que son mari avait composées quarante ans plus tôt en 1853 : elle trouvait qu’on y sentait trop les effets de la maladie psychiatrique dont il souffrait. Ecrites en 1849, les petites pièces qui figurent dans cet enregistrement reflètent elles aussi les sautes d’humeur du compositeur, et c’est ce qui fait leur force : elles sont faites de grands élans et d’apaisements, de nervosité et de désarrois. Pour quelqu’un comme Sol Gabetta qui a de l’énergie à revendre et qui aime le grand spectacle, c’est l’idéal. Magistralement accompagnée par Bertrand Chamayou qui ne s’en laisse pas conter, elle donne du rythme et du relief, va chercher dans les recoins schumanniens la note colorée, et le duo réussit particulièrement son dialogue dans le deuxième mouvement de la Fantaisiestücke op. 73. A l’inverse, dans son Concerto, Schumann refuse de faire du violoncelle l’instrument-roi. Dans cette imbrication symphonique entre orchestre et soliste, avec un chef comme Giovanni Antonini qui freine les effusions, Sol Gabetta, manifestement a un peu de mal à trouver sa place : elle aime tellement rayonner.
Gérard Pangon

Fünf Stücke im Volkston op. 102 ; Adagio und Allegro op. 73 ; Fantaisiestücke op. 73 ; Concerto pour violoncelle et orchestre op. 129
Sol Gabetta (violoncelle), Bertrand Chamayou (pianoforte)
Kammerorchester Basel
Direction musicale : Giovanni Antonini
1 CD Sony 88985352272
59 min

mis en ligne le vendredi 11 janvier 2019

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