Samedi 17 novembre 2018
Un Orfeo concentré
Diego Fasolis renouvelle l’Orfeo de Gluck grâce à une version de 1774
Gluck - Orfeo ed Euridice

En première mondiale, Diego Fasolis exhume une version de l’Orfeo ed Euridice (Vienne, 1762) adaptée, à l’occasion du Carnaval de Naples, pour être jouée non pas au San Carlo, mais dans la salle, plus petite, du palais royal. Effectif orchestral réduit, récitatifs supprimés, deux arias remaniés par un certain Naselli et bien d’autres adaptations encore… Pourtant, cette version d'Orfeo n’est tout à fait celle de 1762, ni tout à fait une autre… Elle eut en son temps du succès. Aux premières mesures de la sinfonia d’ouverture interprétée par I barrocchisti dirigés par Diego Fasolis, la nervosité du jeu et sa dimension dramatique permettent de n’en point douter ; et l’intervention des chœurs (Coro della Radiotelevisione svizzera) replonge l’auditeur dans les plus belles tensions de la version originale. L’arrivée d’Orfeo (Philippe Jaroussky) jette un comme un froid, par un jeu comme souvent maniéré et des aigus de plus en plus secs avec le temps. On espère que la « machine » se chauffera, mais non, et le contre-ténor continuera comme il a commencé, sans trop de recherche dans les affects pourtant imposés par la partition. A l’inverse, on ne peut que saluer la prestation d’Amanda Forsythe (Euridice) et d’Emöke Barath (Amore): avec les chœurs, elles forment tout l’intérêt vocal de cet Orfeo, et les fans de Gluck pourront ainsi apprécier le charme de cette version plus concentrée que raccourcie. 
Albéric Lagier

Orfeo ed Euridice
Ph. Jarroussky (contre-tenor), A. Forsythe et E. Barath (soprano)
I barrocchisti ; Coro della Radiotelevisione svizzera
Direction musicale : Diego Fasolis
1 CD Erato 0190295660239
1 h 18 min

mis en ligne le vendredi 31 août 2018

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