Dimanche 22 septembre 2019
Simplement captivant
Keith Jarrett s'efface devant Bach pour mieux le servir
J.S. Bach - The Well-Tempered Clavier

Les 24 Préludes et Fugues du Premier Livre du Clavier Bien Tempéré ont été enregistrés à deux reprises par Keith Jarrett. La première fois en studio, en février 1987 et un mois après en public, dans le Music Hall de Troy, près de New York – une salle légendaire, à l’acoustique réputée, qui a reçu les plus grands pianistes des 19ème et 20ème siècles, mais est tombée dans l'oublie depuis plusieurs décennies. C’est cet enregistrement qui a été porté au disque, et le choix s’avère fondé tant il permet de juger de l’extrême concentration du public. Le CD livre la musique telle quelle : pas de livret, pas d’image. Ailleurs, Keith Jarret dit :  Quand je joue Bach, je crois entendre le mouvement de sa pensée et c'est ce que je veux faire passer. Toute notion de couleur est étrangère à ce processus. Faire dialoguer Bach et l’auditoire : l’interprète ne devrait être qu’un passeur qui prétend ne rien avoir à ajouter à la musique déjà si complexe de Bach : les lignes mouvantes dessinées par les notes sont intrinsèquement expressives. Il n’y a guère que dans le 2ème Prélude (BWV 847), entamé avec une lenteur inhabituelle et achevé dans un tourbillon qui l’est tout autant, que Jarrett enfreint sa règle. Clarté des lignes, transparence, simplicité, ces petits accrocs rythmiques qui parsèment l'interprétation d'un Keith Jarret pas si transparent que cela, tous ces éléments sont remarquablement restitués par la prise son, et ont rendu l’auditoire de Troy si captivé.
Albéric Lagier

Le Clavier bien tempéré, Livre I, BWV 846-869
Keith Jarrett (piano)
2 CD ECM 2627
1 h 45 min

mis en ligne le mardi 20 août 2019

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