Vendredi 17 août 2018
Séduction en chambre
Le Jerusalem et ses invités montrent les deux faces de Dvorak
String Quintet op. 97 - String Sextet op. 48

Il n'y a pas que le Quatuor Américain pour apprécier la musique de chambre de Dvorak. La paire de ce programme n'est certainement pas la plus enregistrée dans son catalogue, mais elle permet de mesurer la diversité d’un compositeur trop facilement libellé comme nationaliste. Dans le Sextuor en la (1879), composé à une époque où il cherchait encore à s'affirmer, Dvorak marche dans le sillon de Brahms (qui, lui, ne pouvait évidemment qu'aimer la pièce) : tissu de motifs dense, travail acharné sur les développements, le souci de la forme n'étouffe pas pourtant un sens mélodique toujours aussi personnel. Les Jerusalem et leurs deux invités de luxe (dont Veronika Hagen, l'alto du Quatuor Hagen) ne "brahmsisent" pas trop la pièce, mettent de l'air dans ce dense réseau de thèmes et savent rendre chaleureuse une page mal aimée (parce que considérée trop brahmsienne, justement ?) en façonnant des miracles de transparence pour alléger les textures. Ils sont tout aussi enlevés et aériens dans le moins cérébral mais tout autant réussi Quintette en mi bémol (1894), où le Dvorak des années américaines, au sommet de son art, n’a plus besoin de modèles pour faire éclater son sens mélodique. La prise de son est pour beaucoup dans l'impression de partager l'intimité du dialogue entre les musiciens.
Pablo Galonce

Sextuor à cordes en la majeur, op 48 - Quintette à cordes en mi bémol majeur, op. 97
Veronika Hagen (alto), Gary Hoffman (violoncelle)
Quatuor de Jérusalem
1 CD Harmonia Mundi HMM 902320
1 h 06 min

mis en ligne le mercredi 16 mai 2018

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