Lundi 25 mars 2019
Schubert extraverti
Muza Rubackyté dope Schubert d’une énergie solaire
De la valse à l'abîme - Muza Rubackyté

Après avoir mis en confrontation Liszt et Reubke, la flamboyante Muza Rubackyté joue Schubert et Liszt, qu’il a souvent transcrit – près de soixante lieder. Si Reubke était l’élève chéri de Liszt, rien ne rapproche, a priori, la star du piano du XIXème siècle et le compositeur en quête de reconnaissance jusqu’à sa mort : alors Liszt tire Schubert à lui, et ces lieder déjà propices aux épanchements deviennent volcaniques. La pianiste lituanienne, avec sa fougue si caractéristique, fait le reste et ouvre à fond les vannes de son Steinway symphonique. Le son est claquant, les trilles virevoltantes; quelle énergie dans cet Ungeduld, quels éclairs dans l’Auf dem wasser zu singen, que ça gazouille dans l’Ave Maria ! Et l’on comprend, sans peine et sans parole, combien il se passe quelque chose de terrifiant dans le Erlkönig. Quand Schubert n’est pas transcrit par Liszt, quand Muza Rubackyté interprète la Sonate n°14, on imagine entendre Liszt lui-même au piano : une Sonate extravertie, une pièce de concert avec beaucoup d’effets, un Schubert plein d’énergie solaire (mais c’est pour mieux éclairer la lune, nous dit habilement l’auteur du texte d’accompagnement sans préciser qui est la lune). Ces clairs-obscurs toujours plus clairs qu’obscurs agissent comme du botox sur un visage qui n’en avait peut-être pas besoin, mais qui aurait le mérite d’en faire découvrir des traits qu’il n’avait pas. Pour curieux en manque de vitamines CD, donc.
Albéric Lagier 

Transcription de lieder de Schubert ; Sonate pour piano n°14 D.784
Muza Rubackyté (piano)
1 CD Lyrinx LYR280
1 h 11 min

mis en ligne le lundi 10 décembre 2018

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