Mercredi 20 mars 2019
Rien ne sert de courir, il faut partir à point
Un premier album frileux consacré aux compositions de Camille Pépin
Camille Pépin Chamber Music

Un auditeur qui ferait table rase de l’histoire de la musique du XXe siècle – époque où les styles ont pu cohabiter, s’entremêler et s’affronter tout à la fois – et qui, dans le cas présent, ne connaîtrait pas le style éminemment composite d’un Copland ou d’un John Adams, pourrait être attiré par le charme volatile et bien rythmé de cette Chamber Music, sur des poèmes de Joyce. Entourée de jeunes et impeccables musiciens de sa génération, Camille Pépin, née en 1990 et diplômée du CNSM de Paris, ne cache pas non plus son admiration pour la répétition incantatoire d’un Steve Reich (Lyrae, pour Quatuor à cordes, harpe et percussions), ni ne cherche à bousculer les codes bien établis d’une écriture de prime abord plaisante – tel ce piano motorique (Indra), « aux gestes violents et âpres » (sic) singeant le rock. On cherche en vain quelque aspérité, et peut-être moins de frilosité dans le lissage excessif des sons. Il manque du temps et de la persévérance à cette musique. « Il faut partir à point », comme il est dit dans la fable Le Lièvre et la Tortue.
Franck Mallet

Pépin : Lyrae ; Chamber Music ; Indra ; Luna ; Kong-Hana
Fiona McGown (mezzo-soprano), Raphaëlle Moreau (violon), Célia Oneto Bensaïd (piano), Anaëlle Tourret (harpe)
Ensemble Polygones
Direction musicale : Léo Margue
1 CD NoMadMusic NMM 057 (distr. PIAS)
1 h 13 min

mis en ligne le samedi 23 février 2019

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