Mercredi 23 octobre 2019
Regards de feu
Martin Helmchen apporte des couleurs fauves à Messiaen
Vingt Regards sur l'Enfant-Jésus

Fenêtre janséniste sur l’au-delà ou passage vers le sacré et l’éternel, selon le vœu de son auteur, les Vingt Regards sur l’Enfant-Jésus de Messiaen font naître pour Martin Helmchen : « un sentiment d’une expansion du champ visuel, et participer à une vision de l’infini, celui de l’univers mais aussi de l’invisible, de ce qui est intérieur ». Plus de deux heures d’investissement pour l’interprète : un sacerdoce, si l’on veut filer la métaphore religieuse. Sans trahir la pensée de Messiaen, on pourrait caractériser le style de son piano, à la fois percussif – Regards III, VI, X, XII, XIII et XVI –, dont se souviendront ses élèves Stockhausen et Boulez, méditatif – I, VII, XI, XV et XIX – et scintillant – VIII, XIV et XVII. Partition des « années de guerre » au même titre que le Quatuor pour la fin du temps, les Vingt Regards de 1944 développent paradoxalement un prisme de climats, qui font tout le prix des couleurs fauves de cette nouvelle version.
Franck Mallet

Messiaen : Vingt Regards sur l'Enfant-Jésus
Martin Helmchen (piano)
2 CD Alpha-Classics 423 (dist. Outhere)
2 h 12 min

mis en ligne le lundi 3 juin 2019

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