Mercredi 23 octobre 2019
Questions sans réponses
Mariss Jansons plus architecte que visionnaire dans Bruckner
Symphonie nr. 9

Avec l’Orchestre de la Radio de Bavière, Mariss Jansons refait une bonne partie du chemin discographique déjà parcouru avec le Concertgebouw d’Amsterdam. Voici donc le chef à nouveau aux prises de la Neuvième symphonie de Bruckner, page qui ne manque pas de versions de référence… y compris celles jouées par cette même formation bavaroise. Un doublon ? Ne serait-ce que par les qualités d’un orchestre qui semble fait pour cette partition (et la prise de son qui va avec), cette version a de quoi séduire : des cordes aux cuivres, le spectacle est superlatif. Avec cette matière sonore unique, Jansons, fidèle à son style, plus architecte que visionnaire, se montre toujours aussi objectif (pour ne pas dire réservé) là où d’autres chefs explorent les dimensions plus métaphysiques ou plus expressionnistes « avant la lettre » de cette oeuvre testament. Le premier mouvement est moins un prélude à l’apocalypse qu’une longue méditation culminant dans une coda plus grandiose que terrifiante tandis que dans le scherzo il joue moins la sauvagerie que la puissance. Les interrogations du finale sont laissées sans réponse, ce qui n’est pas en soi un défaut, et le dernier accord dissonant, tranché mais pas résolutif, laisse les dernières mesures flotter dans l’indétermination.  

Pablo Galonce 


Symphonie n° 9 en ré mineur
Orchestre symphonique de la Radio Bavaroise
Direction musicale : Mariss Jansons
1 CD BRKlassik 900173
57 min

mis en ligne le mercredi 10 juillet 2019

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