Jeudi 27 juin 2019
Quand le profane guide le sacré
Guillaume Dufay, franco flamand et précurseur
The Masses for 1453

A la fois prêtre et musicien, Guillaume Dufay, probablement né à Cambrai aux alentours de l’an 1400, va d’évêque en concile et fréquente assidûment les papes. Mais il n’oublie pas les réalités du monde : il mène sa carrière ecclésiastique en fonction des prébendes liées aux postes qu’on lui propose, et sa carrière musicale en s’inspirant de musiques populaires. Il compose ainsi des chansons et des danses comme des messes et des motets, lesquels intègrent l’esprit du moment et les airs du temps. Vers 1450, l’une des mélodies les plus célèbres est La Chanson de l’Homme armé dont on ne sait pas trop l’origine, soit qu’elle invite à une nouvelle croisade (la chute de Constantinople, tombée aux mains des Ottomans en 1453, traumatise l’Europe occidentale et catholique), soit qu’elle évoque le combat de l’archange saint Michel contre le démon. Pendant plusieurs décennies, cette chanson inspirera des Messes de l’Homme armé (Ockeghem, Josquin, de la Rue, Palestrina…) mais Dufay est sans doute le premier à utiliser ce thème qu’il fait courir tout au long de sa messe – ce qui est, à l’époque, tout à fait nouveau –, qu’il confie à une seule voix, le teneur (ténor), et à partir duquel il construit ces contrepoints et ces polyphonies caractéristiques de la musique franco-flamande. L’interprétation classique et recueillie de ces messes de Dufay par Cantica Symphonia permet d’en apprécier les richesses et les nuances.
Gérard Pangon

Missa Se la face ay pale ; Missa L’Homme armé
Cantica Symphonia
Direction musicale : Giuseppe Maletto
1 CD Glossa GCD P31907
1 h 20 min

mis en ligne le jeudi 4 décembre 2014

Bookmark and Share
Contact et mentions légales.
Si vous souhaitez être informé des nouveautés de Musikzen laissez votre adresse mail
De A comme Albéniz à Z comme Zimerman,
deux ou trois choses et quelques CD pour connaître.