Vendredi 22 novembre 2019
Persiste et signe
Christian Thielemann passe encore à côté des Symphonies de Schumann
Schumann - Symphonies

Il y a vingt ans, Christian Thielemann a enregistré avec le Philharmonia de Londres (DG) des Symphonies de Schumann plus proches du XIXème siècle finissant que des années 1850 dont elles sont des fleurons. Aujourd’hui, il persiste, signe, et même en rajoute. Avec « sa » Staatskapelle de Dresde tous cordes et cuivres dehors - une merveille en effet - enregistrée au Suntory Hall de Tokyo, il cherche moins à donner un sens aux textures réputées épaisses de ces œuvres (Mahler est allé jusqu’à les « corriger »)  qu’à retrouver l’opulence de ses Symphonies de Brahms avec le même orchestre (DG). Mais un beau son et un sens évident du développement organique des thèmes ne suffisent pas. Ainsi traitées, les sautes d’humeur schumaniennes font l’effet de grands éclats wagnéro-straussiens suivis de dépressions frôlant le passage à vide. Nous sommes loin de la fièvre de Leonard Bernstein avec le New York Philharmonic (Sony), loin aussi de l’équilibre subtil de Wolfgang Sawallisch avec la même Staatskapelle de Dresde (EMI), et à l’opposé des interprétations « historiquement informées » de Nikolaus Harnoncourt (Teldec) et John Eliot Gardiner (Archiv). C’est la 2ème Symphonie qui résiste le mieux au traitement (bel Adagio, en particulier) et la 4ème qui en pâtit le plus, où le chef semble renoncer à retrouver les fastes anachroniques (mais géniaux) de Wilhelm Furtwängler, et où l’on va de déception en déception à mesure que l’on s’approche de la grandiose strette finale.
François Lafon 

Symphonies n° 1 "Printemps", 2, 3 "Rhénane" et 4
Staatskapelle Dresden
Direction musicale : Christian Thielemann
2 CD Sony 19075973412
2 h 20 min

mis en ligne le mercredi 5 juin 2019

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