Jeudi 22 août 2019
Paysages intérieurs
François Chaplin poursuit son idylle brahmsienne
Intermezzi, Rhapsodies

Journal intime d’un homme « qui en lui-même ne riait jamais », « Berceuses de ma souffrance », « Même un seul auditeur est de trop » : à croire que Brahms lui-même cherchait à décourager l’éventuel auditeur de ses dernières pièces pour piano. Aucune sécheresse pourtant dans ces miniatures à la mesure d’un géant, dont certaines évoquent des lieder sans paroles, paysages intérieurs sous forme d’« intermezzos », de « ballades », de « romances » sans liens thématiques affichés, dont l’interprète qui veut les jouer toutes et dans l’ordre doit cependant trouver l’humeur et le courant profond. François Chaplin, qui fréquente Brahms depuis longtemps (son premier enregistrement, à 25 ans) mais n’a pas attendu les cheveux blancs pour jouer ces op. 117, 118 et 119, y aime la « nostalgie de l’amour non partagé, la solitude mais aussi l’apaisement que procure la nature ». Il rend bien tout cela, sans effets de manches, et se mesure tranquillement aux ancêtres (Wilhelm Kempff) et aux aînés (Radu Lupu), trouvant sa place parmi ses contemporains, du sobre Geoffroy Couteau (intégrale La Dolce Volta - voir ici) à l’inspiré Nicholas Angelich (Virgin). Entre les op. 119 et 117, il glisse les deux romantissimes Rhapsodies op. 78 (jadis prises d’assaut par la jeune Martha Argerich - DG), composées une quinzaine d’années auparavant. Manière de dire qu’il n’en a pas fini avec Brahms dans tous ses états ? 
François Lafon

Six Pièces pour piano op. 118 ; Quatre Pièces pour piano op. 119 ; Deux Rhapsodies op. 79 ; Trois Intermezzi op. 117
François Chaplin (piano)
1 CD Aparté AP 173
1 h 13 min

mis en ligne le jeudi 11 juillet 2019

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