Samedi 8 août 2020
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Les dix pépites de Pablo Galonce - 1 -
Bruckner - Symphonie n°5

Etonnant Abbado : plus le temps passe, plus ses interprétations s’allègent de toute emphase, plus elles deviennent fluides, plus elles respirent l’évidence. A Lucerne, surtout, il semble véritablement se fondre avec son orchestre plutôt qu’imposer sa propre vision des œuvres. Le résultat de ce dialogue avec les musiciens se traduit par exemple dans cette Cinquième de Bruckner. Cette symphonie est élaborée comme un tel mécano contrapuntique que son déroulement peut parfois paraître imparable, mais, ici, rien ne semble dicté par le chef : Abbado « laisse jouer » et offre à l’orchestre un champ de liberté qui paradoxalement ne nuit pas à l’unité de l’interprétation. On a rarement entendu un Bruckner à la fois aussi chambriste, aussi lumineux et aussi humble. A l’extase mystique, Abbado préfère un épanouissement sans pathos, et tant pis pour les amateurs de grandes messes brucknériennes. Moins révélation dernière que nirvana zen, moins cathédrale gothique que temple bouddhiste aux lignes claires et à la charpente légère, cette Cinquième symphonie respire la plénitude. L’image confirme cette impression de sérénité : léger, élégant, alerte, Abbado (qui selon son habitude dirige par cœur, sans partition) enveloppe ses musiciens avec ses gestes souples et semble lui-même respirer le bonheur.
Pablo Galonce

Symphonie n° 5 en Mi bémol majeur
Orchestre du Festival de Lucerne
Direction musicale : Claudio Abbado
Réalisation : Michael Beyer
1 DVD Accentus (2012)
1 h 20 min

mis en ligne le dimanche 5 juillet 2020

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