Lundi 26 octobre 2020
Liturgie milanaise
Des motets de Loyset Compère pour sortir la messe de ses habitudes
Compère – Missa Galeazescha

Drôle de messe : aucun des motets de ce programme n’utilise de texte liturgique. Drôle de titre, aussi : Galeazescha, une sorte de galimatias, composé à partir du nom de Galéas Marie Sforza, duc de Milan, qui embaucha Loyset Compère vers 1472 – du moins on le suppose – dans sa chapelle musicale, pour laquelle il se ruinait afin d’y attirer les meilleurs musiciens. Souvent dans l’ombre de Josquin Desprez, son contemporain, Loyset Compère fait partie de ceux-là, habile dans le contrepoint et la polyphonie comme en témoignent ici ses motets. Issus d’un Codex conservé à la cathédrale de Milan et nommé galeazescha par un copiste, et tous consacrés à la Vierge Marie, ils étaient destinés, les manuscrits le mentionnent, à être chantés à certains moments de la messe, comme une sorte de musique en surimpression qui emprunte souvent à des airs connus subtilement ornés et enchevêtrés par le compositeur. Encadrées par deux sonates pour trompettes d’Heinrich Lübeck, et accompagnées d’œuvres tirées de ce même Codex, ces pièces reflètent les courants musicaux de la Renaissance au carrefour des inspirations italiennes et franco-flamandes, naviguent entre incantations et ornementations et donnent une autre image de Loyset Compère, plus souvent connu pour ses chansons.
Gérard Pangon

Loyset Compère : neuf motets – Gaspar van Weerbecke : quatre motets – Johannes Martini : deux pièces pour orgue – Alexander Agricola : quatre motets – Heinrich Lübeck : sonates n°6 et 100 ; Etzliche Punctenn au seiner Sonade
Ensembles Odhecaton, La Pifarescha, La Reverdie, Pian&Forte
Direction musicale : Paolo Da Col
1 CD Arcana A436
1 h 05 min

mis en ligne le mercredi 20 septembre 2017

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