Mardi 7 juillet 2020
Les doigts et la tête
L’éclectique Kotaro Fukuma passe Beethoven au scanner
Piano Sonatas

Elève à Paris de Bruno Rigutto et Marie-Françoise Bucquet, Kotaro Fukuma est un pianiste sérieux qui aime les chemins de traverse, passant brillamment de Debussy (voir ici) à Albeniz (voir ), jusqu’à son compatriote Takemitsu, avec un goût assumé pour… la chanson française. Anniversaire oblige, le voici chez Beethoven avec trois Sonates dont le choix couvre l’ensemble du sujet : la n° 17 « Tempête » (allusion à Shakespeare mais déjà souffrance personnelle), la n° 24 « A Thérèse » (« petite » Sonate que Beethoven aimait paraît-il davantage que la « Clair de Lune »), et l’ultime n° 32, (légendaire Opus 111 débouchant sur l’infini). De cette ambition il a les doigts et la tête : étonnante concentration du son et du rythme, mûre décantation du sens. Trop peut-être : tout à sa volonté d’aller à l’essentiel, il ne laisse pas vraiment à l’auditeur le temps de rêver, ce qui revigore Thérèse mais assèche un peu La Tempête et couperait les ailes au grand voyage de l’Opus 111 s’il ne prenait soin d’explorer celle-ci dans ses moindres recoins. 
François Lafon

Sonates pour piano n° 17 op. 31 n° 2 "La Tempête", n° 24 op. 78 "A Thérèse" et n° 32 op. 111
Kotaro Fukuma (piano)
1 CD Naxos NYCC-27312
1 h 01 min

mis en ligne le samedi 27 juin 2020

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