Samedi 15 août 2020
Le parfum de l'authentique
Une musique au dépouillement accentué par la version pour piano
Stabat Mater

Les années 1876-1880 marquent un tournant décisif pour la production de Dvorak et sa renommée, dans son pays comme à l’étranger. Une de ses œuvres d’alors est le Stabat Mater, composé en deux temps sous le signe de tragédies familiales : la mort de trois des enfants du compositeur, deux filles et un fils. Le premier de ces décès – une fille deux jours après sa naissance – survient en 1875. Sous le coup, Dvorak entreprend en 1876 un Stabat Mater, mais il n’en compose que sept strophes, dans une version pour quatre solistes, chœur et piano. C’est cette version authentique qui est enregistrée ici. En 1877 meurent une autre de ses filles et son fils Otakar âgé de trois ans. Sont composées les trois strophes manquantes, et le Stabat Mater est créé triomphalement à Prague en 1880 dans sa version complète et orchestrale. En 1884, Dvorak dirige l’ouvrage à Londres et (pour  y devenir docteur honoris causa) à Cambridge. Sont exprimées dans le Stabat Mater la douleur et l’émotion, par les voix (solistes et chœur) plus que par le piano (ou l’orchestre). Dans le Requiem de 1891, le rapport sera inversé. Le Stabat Mater n’est pas tragique. On a là une musique essentiellement dépouillée, pudique en quelque sorte, même à la fin dans sa vision de paradis en apothéose : précieuses qualités que la version avec piano fait particulièrement ressortir.
Marc Vignal
 

Stabat Mater
Julius Drake (piano), Julia Kleiter (soprano), Gerhild Romberger (alto), Dmitry Korchak (ténor), Tareq Nazmi (basse)
Chœur de la Radio bavaroise
Direction musicale : Howard Arman
1 CD BR Klassik 900526
59 min

mis en ligne le samedi 30 novembre 2019

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