Mercredi 23 octobre 2019
Le grand Charles
Coup de jeune sur une musique libre vieille d’un siècle
Charles Ives

Sur près de vingt ans – des années 1890 aux années 1910, les quatre Sonates pour violon et piano de Ives suivent un parcours aussi complexe que celui des quatre Symphonies. Tout à la fois dissonantes, lyriques et chaotiques (le rythme !), elles empruntent sans vergogne à un folklore dopé de ragtimes et d’hymnes. Une écriture bariolée, qui exhale un fort parfum de liberté, comme la totalité de l’œuvre vocale et instrumentale du compositeur. Dans la 3ème Sonate qui ouvre cet album, suivie de la 1ère et de la Seconde, Ives malaxe gaillardement airs populaires (final de la I, 3ème mouvement de la II, 1er de la III) et ragtimes (2ème mouvement de la II et 3ème de la III). Avec la Quatrième, la plus captivante,  terminée en 1916 et sous-titrée « Children’s Day at the Camp Meeting », le compositeur se veut plus léger (à l’origine, elle était destinée à Moss White Ives, son neveu, âgé de onze ans), faisant allusion, comme dans sa 3ème Symphonie, aux chahuts d’enfants les jours de kermesse en plein air, dans le Connecticut, à la fin du XIXème siècle, hurlant des cantiques, en en superposant le rythme. Le violon de Liana Gourdjia épouse avec élégance les mélodies versatiles de Ives, autant que l’instrument du compositeur et pianiste Matan Porat en apaise le feu (Largo sur le thème Yes, Jesus loves me !), quant il ne se déhanche pas sur un rythme jazzy – final sur le thème Shall we gather at the river ? Coup de jeune sur une musique libre, vieille d’un siècle.      
Franck Mallet

Ives : Sonates 1-4 pour violon et piano
Liana Gourdjia (violon) Matan Porat (piano)
1 CD Printemps des Arts de Monte-Carlo PRI 024 (dist. UVM)
1 h 13 min

mis en ligne le dimanche 16 juin 2019

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