Lundi 16 juillet 2018
Historiquement informé
Edoardo Torbianelli dans les traces de Chopin
Late piano works

Les spécialistes de l’« historiquement informé » ont encore devant eux de beaux terrains d’aventure : après avoir quadrillé en tous sens l’ère baroque avec les passionnantes retombées que l’on sait (et ce n’est pas fini), c’est le romantisme qui devient sujet d’études et d’expériences. Il ne suffit plus aujourd’hui de se contenter d’un piano d’époque pour prétendre jouer Chopin comme si l’on y était : faute d’héritier musical direct, il faut le cerner par son environnement, son histoire, ses goûts artistiques afin d’y puiser quelques hypothèses, voire quelques clés. C’est ce que fait depuis des années Jeanne Roudet, dont on a pu apprécier, entre autres, les travaux sur le son des pianistes dans les années 1830 ou la vocalité au piano, laquelle a la chance d’avoir pour « praticien » Edoardo Torbianelli, dont les interprétations mettent en valeur les résultats de ses recherches. Cet enregistrement est ainsi le fruit de leur rencontre, où le pianiste, de surcroît, se laisse aller à son penchant naturel pour la poésie. La rêverie domine, donc, ainsi que la volonté de faire chanter le piano, et le grand Pleyel de 1842 aux basses particulièrement profondes se prête à cette manière de jouer sans virtuosité mais avec les effets juste nécessaires pour donner l’impression d’un Chopin rarement entendu.
Gérard Pangon

Prélude op. 45 ; Mazurkas op. 50/2, 50/3, 59/3, 67/1 ; Nocturnes op. 62/1 et 62/2 ; Polonaise-Fantaisie op. 61 ; Barcarolle op. 60 ; Sonate n°3 op. 58
Edoardo Torbianelli (piano)
1 CD Glossa GCG 922517
1 h 15 min

mis en ligne le jeudi 14 juin 2018

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