Lundi 5 décembre 2022
Fondu déchainé
Audacieuse juxtaposition de Ravel et Glass par Célia Oneto Bensaid
Metamorphosis

Pour son second récital pianistique – American touches, pour le label Soupir, comprenait ses propres transcriptions de Gershwin et Bernstein –, Cécile Oneto Bensaid conjugue Ravel, Philip Glass et Camille Pépin, alternant les pièces afin de : « provoquer une sensation de lâcher-prise (…) Un fondu enchaîné au disque, en somme ! ». De Pépin, née en 1990, elle est en outre la dédicataire et créatrice de plusieurs partitions. Une seule ici, Number 1, écho à une toile de Pollock (1951) où « la profusion des couleurs » tend vers un lyrisme transcrit par le piano dans un enchevêtrement de timbres, sorte de dripping en surface. À distinguer au sein d’un imposant catalogue, les cinq Metamorphosis de Glass (1988) se rapprocheraient en revanche de l’art pictural de Sol LeWitt, avec son principe de développement progressif d’une figure répétée. Moins gravement cérémonielle que le compositeur lui-même (1989, rééd. Sony), l’interprétation aérienne et prenante de Célia Oneto Bensaid apparaît dans la lignée des enregistrements de référence signés Jay Gottlieb (1999, Pianovox, supprimé) et Valentina Lisitsa (2015, Decca). Subtilement évocateurs, les cinq Miroirs de Ravel n’ont pas à rougir face à des versions réputées, à l’image de cette Barque sur l’océan aussi indolente et chamarrée que le mouvement hypnotique de Metamorphosis.     
Franck Mallet

Glass : Metamorphosis - Ravel : Miroirs - Pépin : Number 1
Célia Oneto Bensaid (piano)
1 CD NoMadMusic NMM 092 (dist. PIAS)
1 h 14 min

mis en ligne le lundi 10 mai 2021

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