Jeudi 26 mai 2022
Feux d’artifices
Deux monstres pianistiques domptés par un seul et même interprète.
Correspondances

Les premiers enregistrements de Jean-Baptiste Fonlupt étaient consacrés à Liszt, Schumann, Chopin… et, plus original, à un choix de sonates de Carl Philipp Emanuel Bach, en 2011. Captation d’un concert intitulé « Correspondances » donné à Chambéry en mars 2019, ce nouvel album, dont a été exclue la 2ème Ballade de Chopin, rassemble deux partitions majeures du romantisme, composées à vingt ans de distance mais réunies par leurs dédicaces croisées, leurs durées voisines (une trentaine de minutes) et leurs audaces formelles. Chez Schumann comme chez Liszt, la quête de la grande forme – héritée des opus 109 et 111 de Beethoven –, et la volonté de transcrire les impressions les plus délirantes. Entre passion, intimité, méditation, chaos et ferveur, le piano chevauche un univers fantastique, désordonné (2ème mouvement de la Fantaisie de Schumann) et tumultueux (la sauvagerie des deux passages « Allegro energico » de la Sonate de Liszt), réclamant de l’interprète une endurance rare – la folle exaltation du 1er mouvement chez Schumann ! Avec un enthousiasme conséquent, Jean-Baptiste Fonlupt paraît sans conteste l’homme de la situation, même s’il ne s’attarde guère sur les extatiques modulations schubertiennes du final de la Fantaisie de Schumann et ne respire qu’avec parcimonie chez Liszt. Insérés entre ces deux extrêmes, quelques évanescents Nocturnes de Chopin (plutôt que la 2ème Ballade), auraient à coup sûr tempéré leur ardeur.               
Franck Mallet

Schumann : Fantaisie op. 17 - Liszt : Sonate
Jean-Baptiste Fonlupt (piano)
1 CD Klarthe K119
1 h 05 min

mis en ligne le lundi 8 février 2021

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