Mardi 23 avril 2019
Eternel retour
Maurizio Pollini remet encore une fois Chopin sur le métier
Chopin, op. 55-58

Préludes intenses, Polonaises intraitables, Etudes prospectives, Ballades et Scherzos sans concession, Nocturnes insondables : depuis son prix au Concours Chopin de Varsovie en 1960, suivi de quelques années de perfectionnement à huis-clos, Maurizio Pollini a contribué à modifier l’écoute et à influencer le goût des mélomanes, infirmant, disque après disque, l’idée d’un Chopin musicien de salon. En 2008, un récital se terminant par la 2ème Sonate avait frappé par la distance que le pianiste semblait prendre avec cette musique. Aujourd’hui, dans la 3ème Sonate précédée des pièces composées en 1843-1844, il complète le « Chopin Late works » de l’année dernière, dans lequel la Barcarolle sonnait comme un souvenir douloureux. Cette fois, c’est la Berceuse qui est troublante, plus encore que la Sonate, tant on se demande dans quelle mesure Pollini compose avec ses moyens actuels ou impose, en grand artiste, un Chopin plus radical que dans ses anciens enregistrements. Seuls les inconditionnels de sa légendaire infaillibilité s’abstiendront de tenter la comparaison. 
François Lafon

2 Nocturnes op. 55 ; 3 Mazurkas op. 56 ; Berceuse op. 57; Sonate pour piano op. 58
Maurizio Pollini (piano)
1 CD Deutsche Grammophon 483 6475
54 min

mis en ligne le jeudi 7 février 2019

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