Jeudi 23 mai 2019
Episodes de la vie d’un artiste
Krzysztof Urbański illustre la Cinquième de Chostakovitch
 
Le même, pas pareil
Bernstein et le Philharmonique de New York
Triomphe sans ombres
Symphony no.5

Dès la première phrase de son texte d’introduction, Krzysztof Urbański fait deux affirmations problématiques sur la Cinquième de Chostakovitch : non seulement elle est « l’une des plus grandes symphonies jamais écrites », elle « dépeint en musique la réalité de la vie à Leningrad en 1937 du propre point de vue » du compositeur aussi. Si la première peut se discuter, la deuxième assertion est trop réductrice pour expliquer le succès planétaire de l’œuvre. Malheureusement, le chef semble se servir des épisodes de la vie de Chostakovitch à l’époque de la composition (devenus presque légendaires) comme guide d’une interprétation trop fragmentée pour donner une idée de la puissance tragique contenue dans ces notes. Le premier mouvement manque d’intensité et le climax est atteint après une montée mécanique qui n’a rien de prenant. Le scherzo, au tempo trop délibéré, perd cette qualité grotesque justement soulignée dans le texte. Le plus réussi est sans doute le troisième mouvement où le chef tire subtilement du fil qui traverse cette désolation. Reste le dernier mouvement où Urbanski hésite entre l’option débordante allaTchaïkovski (comme Bernstein) et la glaciale objectivité d’un Mravinski. Pas une version à marquer d’une pierre blanche quand on la compare aux enregistrements si différents mais si réussis de Vasily Petrenko (Naxos) et Andris Nelsons (DG).
Pablo Galonce

Symphonie n° 5 en ré mineur, op. 47
NDR Elbphilharmonie Orchestra
Direction musicale : Krzysztof Urbański
1 CD Alpha-Classics Alpha 427
46 min

mis en ligne le lundi 26 novembre 2018

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