Mardi 19 juin 2018
En artiste plutôt qu’en athlète
Adam Laloum se mesure aux deux Concertos pour piano de Brahms
Concertos pour piano

Changement d’éditeur, changement de format : en passant de Mirare à Sony, Adam Laloum ajoute le concerto au récital solo et à la musique de chambre, et c’est logiquement aux deux monuments de son cher Brahms qu’il se mesure. Il les aborde en artiste plutôt qu’en athlète, tout en se disant - et en se révélant - plus sensible au pourtant marathonien 2ème, où Brahms se confie davantage que dans le plus marmoréen 1er, antérieur de plus de vingt ans et d’abord pensé comme un essai de symphonie en hommage à Schumann. Ce n’est donc pas un hasard si, dans le 1er, il imprime particulièrement sa marque - densité sonore et intériorité expressive – à l’Adagio, où il décèle une formule schumanienne désignant son épouse Clara. Du 2ème, il épouse tout naturellement les humeurs changeantes, jusqu’au mouvement final qu’il qualifie d’ « humoristique » et qu’il joue comme tel au risque de le rendre plus prosaïque que ne le font en général ses confrères, tendance que l’on remarque aussi dans le dernier mouvement du 1er. Dans son sillage, avec un Orchestre Symphonique de la Radio de Berlin connaissant parfaitement son Brahms, le chef Kazuki Yamada (actuel directeur de l’Orchestre de Monte-Carlo) cultive le lyrisme plutôt que l’héroïsme, au risque de paraître trop mesuré dans les moments les plus musclés, telle l’introduction du 1er Concerto. 
François Lafon

Concertos pour piano et orchestre n° 1 et 2
Adam Laloum (piano)
Rundfunk-Sinfonieorchester Berlin
Direction musicale : Kazuki Yamada
2 CD Sony 88985460812
1 h 35 min

mis en ligne le mercredi 7 mars 2018

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