Lundi 14 octobre 2019
Du beau son, mais où est l’âme ?
Myung-Whun Chung dirige Stravinsky en technicolor
 
Le même, pas pareil
L'âme avant tout
Au rythme du grand Markevitch
Igor Stravinsky : Le Sacre du printemps - Modeste Moussorgski : Tableaux d’une exposition

S’il y a un point commun entre les Tableaux d’une exposition et Le Sacre du Printemps, c’est bien un certain état second, même si la galerie de tableaux sonores de Moussorgski (surtout dans l’orchestration policée de Maurice Ravel) et le ballet païen de Stravinsky relèvent d’univers très différents. Myung-Whun Chung met clairement en valeur cette différence, et tente de recréer cet état second en faisant valoir les timbres riches de l’Orchestre Philharmonique de Radio France, qu’il a façonné à son goût depuis dix ans qu’il en est le directeur. Mais il veut tellement montrer qu’il a tout compris à la musique et que son orchestre répond comme une formule 1, qu’il cède une fois de plus à la pente qui est la sienne depuis quelques années, et en vient à souligner chaque intention, à surexposer chaque timbre. Dans Le Sacre du printemps, on a l’impression qu’il dirige un remake de la bande originale de Fantasia, le film de Walt Disney. Le son est somptueux, les rythmes diaboliques imaginés par Stravinsky sont réglés au millimètre, mais jamais l’exaltation ni la sauvagerie ne sont au rendez-vous. Idem dans Les Tableaux d’une exposition : le film est en 3D, mais laisse l’auditeur extérieur à cette promenade hallucinée.
François Lafon

Le Sacre du printemps (Stravinsky) - Tableaux d’une exposition (Moussorgski, orchestration : Ravel)
Orchestre Philharmonique de Radio France
Direction musicale : Myung-Whun Chung
1 CD Deutsche Grammophon 480 3653 (2010)

mis en ligne le lundi 10 mai 2010

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