Jeudi 14 novembre 2019
De l’aphasie dans les cordes
Gidon Kremer au service d’une œuvre versatile et guère communicative
Mieczyslaw Weinberg - 24 Preludes for violin solo

Comme il le confie lui-même, Gidon Kremer s’est intéressé tardivement à l’œuvre de Weinberg (1919-1966), qu’il aborda au sein de son ensemble Kremerata Baltica. Parmi un catalogue particulièrement généreux (plus de 500 compositions dans tous les genres), les 24 Préludes, écrits à l’origine, en 1968, pour le violoncelle de Rostropovitch (qui ne les joua jamais), ont été transcrits et arrangés un demi siècle plus tard pour violon par l’interprète – qui qualifie lui-même ce cycle de chef-d’œuvre. Contemporain et ami de Chostakovitch – tous deux s’influencèrent, selon Kremer –, Weinberg adopte volontiers un ton funèbre, en particulier pour les cordes. Les notes explicatives de Verena Mogl évoquent nombre de citations contenues dans chaque prélude, thèmes populaires russes et clins d’œil au dédicataire, sans qu’il se dégage une émotion communicative de cette écriture épurée et versatile – malgré l’investissement de l’interprète, tour à tour grave (8, 11), intime (12, 14), chantant (18) et virtuose (9, 16, 19)…         
Franck Mallet

Mieczyslaw Weinberg : 24 Préludes
Gidon Kremer (violon)
1 CD Accentus Music ACC 30476
48 min

mis en ligne le lundi 12 août 2019

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