Mercredi 24 octobre 2018
Climax / Anticlimax
Les côtés sombres d'Edward Elgar mis en valeur par Edward Gardner
Symphony N°2 - Serenade for Strings

Les deux symphonies d’Edward Elgar se suivent d’assez près. Elles sont anglaises de ton mais solidement germaniques de facture, issues autant sinon plus de Richard Strauss - pourtant le cadet de sept ans d’Elgar - que de Brahms. Celle en la bémol n°1 (1908) est qualifiée de « première symphonie écrite par un Anglais », celle en mi bémol n°2 (1911), dédiée à la mémoire du roi Edward VII, fait moins sensation, au début en tout cas. On y perçoit l’Angleterre impériale, mais avec un mélange de certitudes et de doutes, d’espoir en l’avenir et de nostalgie du passé. Elle porte en exergue une citation de Shelley : « Tu viens rarement, rarement, esprit de Joie. » Elle n’est vraiment appréciée qu’en 1920, lorsque Sir Adrian Boult l’inscrit à son répertoire. Ses quatre mouvements totalisent cinquante minutes, elle s’ouvre par un Allegro vivace dont les premières mesures descendent en droite ligne d’Une Vie de Héros de Richard Strauss. La version d’Edward Gardner se caractérise par sa force et sa vigueur, également par sa mise en valeur des côtés sombres de cette musique - et par des timbales bien présentes. Elle a tout à fait sa place au soleil, sans faire oublier celles de Boult et de Sir John Barbirolli, références incontournables. En complément de programme, la populaire Sérénade pour cordes de 1892 agit comme un « anticlimax. »
Marc Vignal

Symphonie n°2 ; Sérénade pour cordes
Orchestre Symphonique de la BBC
Direction musicale : Edward Gardner
1 CD Chandos Super Audio CHSA 5197
1 h 07 min

mis en ligne le vendredi 5 octobre 2018

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