Mardi 15 octobre 2019
Beethoven endormi
Vahan Mardirossian joue sur la lenteur jusqu'à la monotonie
Neuvième vague

« De l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace ! » En réunissant dans un même programme la Pathétique, la Clair de lune, la Tempête et la Pastorale, autrement dit quelques unes des plus connues des sonates de Beethoven, Vahan Mardirossian a fait sienne cette exhortation de Danton. Car s'attaquer à des « tubes » de ce calibre n'est pas sans risque, même si on a une vocation de passeur de musique : chaque auditeur a en tête sa version chérie. Pour imprimer sa touche personnelle, Vahan Mardirossian choisit la lenteur, ce qui peut sembler paradoxal puisque le titre de cet album est Neuvième vague. Mais la vague auquel le pianiste se réfère, un tableau éponyme de Hovhannes Aïvazovsky, peintre arménien du XIXème siècle, dont les marines ont assuré la réputation, ressemble plutôt à un géant immobile tels ces monuments de la musique de Beethoven qui ne demandent qu'à être mis en mouvement. Musicalement, ce parti pris de lenteur ne s'avère pas, hélas, des meilleurs : comme Vahan Mardirossian ne cherche pas à forcer sur le rubato – ce qui est louable - , les tempos étirés créent une sorte d'uniformité où les passages les plus lents deviennent ennuyeux et les plus rapides complètement patauds. Faute de tension, le magnifique andante de la Pastorale ressort ainsi tout mou et le premier mouvement de la Clair de lune sombre dans la monotonie. Un comble.
Gérard Pangon

Sonates pour piano op. 13 (Pathétique), op. 27 n°2 (Clair de Lune), op. 31 n°2 (Tempête), op. 28 (Pastorale)
Vahan Mardirossian (piano)
2 CD Maestria Records (2009)
1 h 29 min

mis en ligne le lundi 7 juin 2010

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