Samedi 15 juin 2019
Bach patte de velours
Renaud Capuçon et David Fray : le romantisme à la surface
 
Le même, pas pareil
Bach
patte baroque
Isabelle Faust et Kristian Bezuidenhout
Bach Sonatas

Etrange photo sur la pochette : figés dans l’angle de deux murs un peu décrépits, David Fray et Renaud Capuçon semblent acculés dans une impasse. Craignent-ils quelque chose ? Ont-ils peur de la réaction des baroqueux pur jus devant leur Bach romantique ? Interpréter Bach de cette manière est un choix esthétique, on n’est pas forcé d’y adhérer, mais ce qu’ils font, ils le font bien. Leur souci n’est pas celui des arrière-plans, mais celui de chanter ensemble, de rendre cette musique agréable, divertissante, de séduire l’oreille par leur dialogue chambriste. Ces sonates pour violon et clavier (notées pour clavier et violon lors de la première publication en 1802) font la part belle au piano, ce dont profite intelligemment David Fray qui ne se ménage pas pour susciter l’émotion, et Renaud Capuçon n’est pas en reste : il aime jouer lyrique, en particulier dans les mouvements lents où il montre patte de velours. Les deux interprètes ne racontent pas l’histoire de cette musique géniale écrite par un Bach installé à Coethen où il peut laisser libre cours à son imagination, mais leur propre histoire, celle de deux musiciens qui se complaisent dans un monde ouaté, doux, tranquille où la musique est juste là pour donner du bien-être, ce qui n’est pas négligeable.
Gérard Pangon

Sonates pour violon et clavier BWV 1016, 1017, 1018, 1019
Renaud Capuçon (violon), David Fray (piano)
1 CD Erato 0190295505783 (Warner Classics)
1 h 04 min

mis en ligne le mardi 7 mai 2019

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