Mardi 7 juillet 2020
Avis de tempêtes
Le Duo Pleyel ne traite pas Schubert à la légère
Lebensstürme

Schubert et le piano à quatre mains : une sorte d’alpha et d’oméga, d’une Fantaisie en sol majeur composée à treize ans aux chefs-d’œuvre de la dernière année. Parmi ceux-ci, la Fantaisie  en fa mineur, tube immortel maintes fois repris et adapté. C’est pourtant sous le signe de l’Allegro en la mineur "Lebensstürme" (Tempêtes de la vie) que le Duo Pleyel place son récital, lequel – outre la Fantaisie – comporte la Sonate en si bémol majeur (1824, du Schubert souriant) et les deux Rondos, le « petit » de 1818 et le « Grand » (dénomination de l’éditeur) de 1828, autre tube aimé des pianistes. De ce duo jouant sur un superbe piano Pleyel de 1848 (d’où son nom), on connait surtout Richard Egarr, claveciniste et chef britannique, successeur de Christopher Hogwood à la tête de l’Academy of Ancient Music. Avec sa partenaire russe Alexandra Nepomnyashchaya, il forme un duo musclé, aussi éloigné de l’amabilité viennoise selon Paul-Badura-Skoda et Jörg Demus (Auvidis) que des sous-textes cultivés par le Duo Crommelynck (Claves). Sous leurs doigts, le sourire se crispe  et les « tempêtes de la vie » prennent le dessus, ce qui frustrera les tenants d’un Schubert plus melliflue, mais n’est pas un contresens pour autant. 
François Lafon 

Rondos D. 608, D. 951 - Fantaisie D. 940 - Sonate D. 617 - Allegro D. 947 "Lebensstürme"
Duo Pleyel : Richard Egarr, Alexandra Nepomnyashchaya (piano)
1 CD Linn Records CKD 593 (Outhere)
1 h 17 min

mis en ligne le jeudi 28 mai 2020

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